Salle lecture
Fermeture exceptionnelle - 11/06/2026
En raison de l’accueil des Olympiades scolaires 2026, l’accueil du public aux archives sera exceptionnellement fermé le jeudi 11 juin 2026.
C'était écrit... dans le journal
À feuilleter pour en savoir plus :
Le 11 mai 1867, un cocher remarque une « femme à l’ombrelle », allongée dans l’herbe, qui semble dormir au canton de
Ce crime concerne deux femmes :
Sidonie Mertens et Mathilde Frigard se rencontrent en février 1867 dans une agence d'affaires. Elles deviennent amies, amantes et associées.
Les éléments retenus par les journalistes et développés dans l’enquête préalable, nous renseignent sur les deux journées fatales qui précèdent le crime :
Le 26 mai 1867, le journal local, L’Abeille de Fontainebleau, développe une déclaration totalement incongrue en défense de la forêt de Fontainebleau et (très accessoirement) de la victime :
Derrière cette allusion acrobatique et d’assez mauvais goût, on sent la rancœur du pigiste de province qui défend son domaine contre les ignorants de la capitale.
Le 9 août 1867 débute à la Cour d'assises de Melun le procès de Mathilde Frigart, moins de 3 mois après la découverte du cadavre de Sidonie Mertens. Il va se dérouler sur six audiences et maintenir le public en haleine du 10 au 22 août avec une chronique judiciaire particulièrement dense : le journaliste Jérôme Baissas (La Situation et Le Temps), Le Figaro, (14 août 1867), La Vie parisienne (7 septembre 1867), …
Des articles et des chroniques détaillées se trouvent aussi dans la presse étrangère, notamment britannique (Hull Advertiser and Exchange Gazette, Southern Reporter, The Goulburn Herald and Chronicle...)
Les Archives départementales de Seine-et-Marne conservent le dossier du procès (cotes : UP51639 et UP51640).
En 1867, Mathilde Frigard souhaite acheter un commerce de fruits et légumes, mais manque d'argent pour cela. Grâce à de faux documents, elle parvient à faire plusieurs retraits du compte bancaire de Sidonie Mertens en avril, puis le 9 mai, juste après l'assassinat, pour finaliser l'acquisition de son commerce. Par ailleurs, Mathilde Frigard obtenait également des revenus des amants de passage de Sidonie Mertens. Accusée d'assassinat, de vols et de faux, Mathilde Frigard avoue au procureur avoir empoisonné Sidonie Mertens. Elle est condamnée aux travaux forcés à perpétuité et à 100 francs d’amende.
Le succès remporté dans l’opinion par ce procès est peut-être d’autant plus vif qu’il confronte deux femmes dans un monde en pleine transformation avec pour théâtre Paris et sa banlieue. La ville, traditionnellement réputée pour ses vices, est opposée au calme de la campagne. Cette affaire rappelle à tous que la forêt, malgré un accès facilité par le train, reste au XIXe siècle le lieu de tous les dangers.
Ce fait divers assez banal révèle bien autre chose que du sordide : les mœurs de l’époque, le rôle des femmes à la fin du Second Empire et par le contexte et les rebondissements de l’affaire toute une société, puis au fil du temps le regard qu’on porte sur elle.
Depuis, cette affaire a donné lieu à de multiples prolongements :