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L’entrée en guerre à la « Une » des journaux seine-et-marnais PRESSE LOCALE
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Une dizaine de journaux du département est encore en activité au moment de l’entrée en guerre de la France, le 4 août 1914.
L’appel à la mobilisation est lancé et les journaux de Seine-et-Marne s’en font bien évidement l’écho. Le récit des événements, les appels à l’Union sacrée figurent en première page.
Le départ massif des hommes, la séparation d’avec les familles, les difficultés matérielles, la rentrée des récoltes en pleine période de moisson suscitent un climat d’anxiété qui transparait dans la presse même si les journaux adhèrent à l’effort de guerre.
Les Archives départementales proposent une sélection des « Unes » de presse du département au cours de ce mois d’août 1914. Présentés de façon chronologique, ces extraits sont choisis comme représentatifs du contenu de la presse de l’époque montrant ainsi l’enchaînement des événements militaires et diplomatiques et reflétant les sentiments de la population seine-et-marnaise au moment du déclenchement de la Grande Guerre.
Unes de journaux d'août 1914

Le journal rend compte de la mobilisation à Meaux, du départ des réservistes en soulignant l’enthousiasme et l’ardeur patriotique des mobilisés.
Plusieurs encarts rappellent que la population s’installe peu à peu dans un état de guerre et que les autorités commencent à s’organiser. Ainsi, la proclamation de l’état de siège et les obligations de la presse en temps de guerre sont publiées en première page.
Le journal se fait aussi l’écho de la nervosité de la société voire du climat de suspicion qui se développe. Un petit article met en garde contre les faux bruits et rapporte des rumeurs infondées circulant sur des personnes dont le nom de famille est à consonance germanique.
Le journal publie aussi la déclaration de Maurice Lugol (1864-1950), maire de Meaux qui appelle ses concitoyens à l’unité et à la solidarité nationale. Cet appel à la solidarité se lit aussi dans les pages intérieures du journal. Un encart de la Croix-Rouge demande des dons en argent et en nature, un autre retranscrit l’appel du maire à toutes les dames charitables de la ville pour venir en aide aux femmes et aux enfants les plus pauvres, encore plus démunis avec le départ des hommes pour le front.
- AD77, PZ17/49, page 1


Le journal relate de façon concise l’assassinat de Jaurès survenu le 31 juillet 1914 et fait part de son émotion.
La presse locale se veut aussi un moyen de transmettre des informations pratiques à ses lecteurs. Sont donc évoqués les avis à la population sur la circulation routière en temps de guerre et la franchise postale pour les militaires.
Un encart informe que le journal suspend momentanément sa parution. Pourtant le n° 908 du 4 août 1914 est le dernier. Le journal ne reparaîtra plus après la guerre.
- AD77, PZ56/6, page 1


Comme d’autres journaux locaux, Le Démocrate publie en première page, l’appel à la Nation française du président de la République, Raymond Poincaré. Le journal reprend aussi un éditorial de Georges Clemenceau, paru dans son journal L’Homme libre, où il appelle à l’Union sacrée et condamne vivement en deuxième page l’assassinat de Jean Jaurès.
Le journal consacre aussi toute une colonne aux dispositions exceptionnelles prises par la municipalité de Coulommiers pour l’aide matérielle aux familles les plus nécessiteuses et fait part du renforcement des mesures prises pour maintenir l’ordre public.
Le journal dénonce aussi les bruits qui courent et les comportements xénophobes voire irrationnels qui se développent parmi la population. Quelques lignes rapportent l’interdiction faites aux plaques de réclame des bouillons Kub. Elles sont soupçonnées à tort de véhiculer des informations cachées susceptibles d’aider les allemands.
Avec la mobilisation qui intervient en pleine période de moisson et le départ massif des hommes pour la guerre, le journal publie dans ses colonnes un appel urgent aux travailleurs afin d’aider les paysans à terminer les récoltes. La presse rend compte de quelques faits illustrant l’enthousiasme patriotique de certains français qui cherchent à être mobilisés ou à se rendre utiles.
Dans un encart, le bi-hebdomadaire annonce à ses lecteurs qu’en dépit de la réduction de sa pagination, il continuera à les informer le plus précisément possible des évènements. Le Démocrate de Seine-et-Marne a paru pendant toute la durée de la guerre.
- AD77, PZ10/28, page 1


Le journal rend compte des événements diplomatiques et militaires des derniers jours avec l’enchaînement des déclarations de guerre des principaux protagonistes. Le journal évoque aussi l’avancée des Allemands à Nancy et à Belfort et mentionne les premiers prisonniers. Le courage de la population alsacienne est souligné dans les colonnes du journal ainsi que l’enthousiasme d’un certain nombre d’Italiens et de Suisses qui ont rejoint le drapeau français.
Un encart informe le lecteur, qu’en raison de la mobilisation du directeur, le journal cesse momentanément de paraître avec ce numéro 31. Pourtant, le journal ne sera plus édité après la guerre.
- AD77, PZ20/17, page 1


En deuxième page, plusieurs encarts d’informations pratiques sont diffusées à la population provinoise notamment celles concernant les horaires et les conditions de circulation des trains ou celles relatives aux horaires des services postaux.
Sur deux colonnes en deuxième page, le journal publie les conditions particulières de circulation des étrangers en France et les dispositions de départ vers l’étranger en cette période particulière de mobilisation militaire.
Le journal aux quatre éditions a continué sa parution pendant toute la période de la guerre.
- AD77, PZ53/48, page 1

L’hebdomadaire publie et commente sur 2 colonnes l’hommage de René Viviani, président du Conseil, à Jean Jaurès assassiné le 31 juillet 1914.
Le journal livre aussi des informations concernant directement les individus dans leur vie quotidienne. Il rend compte des difficultés économiques rencontrées dans tous les secteurs d’activités et engendrées par le départ massif des hommes. Pour pallier l’absence de main-d’œuvre agricole, Le Progrès de Seine-et-Marne publie en première page l’appel de René Viviani aux femmes et aux enfants afin qu’ils aident au travail dans les campagnes.
Comme d’autres villes de Seine-et-Marne, Montereau s’installe peu à peu dans un état de guerre et les autorités commencent à s’organiser. De nombreux encarts informent la population de Montereau des mesures répressives et restrictives prises par la ville concernant la circulation, les denrées alimentaires, le maraudage...
Le journal revient aussi sur la contribution de la ville au ravitaillement des armées ou sur la limitation de la consommation de gaz.
Dans un petit encart en première page, le préfet rappelle les obligations de la presse en temps de guerre qui interdisent la publication de toutes informations sur les mouvements de troupes.
- AD77, PZ2/11, page 1


De nombreux encarts informent les populations civiles des mesures pratiques prises par les autorités. La mise en place de gardes civils destinés à assurer des missions de police dans les villes est évoquée. Le journal publie aussi des avis divers concernant les réquisitions, le ravitaillement et les sursis à la mobilisation.
L’article du journaliste Gustave Hervé, intitulé « Nos hôtes étrangers », dénonce les comportements xénophobes et appelle au respect des étrangers. Le journal rapporte aussi les agissements de certains commerçants qui augmentent exagérément le prix des denrées alimentaires. Il informe donc la population de la création d’une commission spéciale à Meaux chargée de fixer les prix pour lutter contre ces dérives.
Dans un petit article de quelques lignes, Jean Vernant (1883-1915), directeur du journal, annonce à ses lecteurs, qu’il s’engage volontairement. Pourtant, le journal va continuer sa parution pendant toute la durée du conflit mais sera endeuillé par la mort de Jean Vernant, tué au front le 21 juin 1915 près d’Arras à l’âge de 32 ans.
- AD77, PZ35/77, page 1




Toujours en première page, le journal reprend sous forme de chronique « Au jour le jour » les événements qui se sont succédés du 8 août au 13 août dans le département de Seine-et-Marne. Il évoque notamment la mobilisation des prêtres devenus aumôniers militaires, le départ des troupes, la préparation des hôpitaux qui se tiennent prêts à accueillir les premiers blessés, le dévouement de la population seine-et-marnaise. Comme d’autres journaux locaux, La Croix de Seine-et-Marne dénonce la multiplication des accusations d’espionnage portées à tort contre des citoyens innocents et des actes de brutalités qui en découlent. Par exemple, le journal rapporte l’agression physique dont a été victime un religieux franciscain à la gare de Melun, accusé d’être un espion alors qu’il était venu avec d’autres frères se mettre au service des armées.
De nombreux articles ou entrefilets du journal illustrent l’adhésion générale de la population à l’effort de guerre. La Croix de Seine-et-Marne rend ainsi hommage à ces moines, exilés à l’étranger depuis la loi sur la séparation de l’Église et de l’État, qui reviennent en France pour s’engager dans l’armée. Ou bien, un encart en deuxième page signale le comportement exemplaire des prisonniers de la Maison Centrale de Melun qui travaillent à la fabrication de pain pour les armées.
- AD77, PZ292/17, page 1


La République de Seine-et-Marne va continuer sa parution pendant toute la durée de la guerre.
- AD77, PZ290A31, page 1

Voir aussi
Commémoration