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Jean-Baptiste Théodon (1645-1713), Sculpteur originaire de Vendrest

Conférence donnée par Alicia Adamczak le 13 mars 2012 à l'auditorium des Archives départementales de Seine-et-Marne.

Couverture du Flyer de la conférence "Jean-Baptiste Théodon (1645-1713)"

La conférencière


Spécialisée en Histoire de l’art moderne, Alicia Adamczak est titulaire d’un Diplôme d’études approfondies (D.E.A.) de l’Université de Paris IV–Sorbonne consacré à Jean-Baptiste Théodon. Elle a soutenu avec succès en décembre 2009 sa thèse de doctorat : De Paris à Rome : Jean-Baptiste Théodon (1645-1713) et la sculpture française après Bernin.

La conférence

Écouter la conférence sur Jean-Baptiste Théodon
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Partie 1 : Les origines de Jean-Baptiste Théodon

Alicia Adamczak ouvre sa conférence sur son intérêt pour la vie et l’œuvre de Jean-Baptiste Théodon, puis présente la seigneurie de Vendrest, terre natale du sculpteur, et la famille Théodon. Jean-Baptiste Théodon mène d’abord une carrière ecclésiastique, puis artistique. Dès son enfance, il reçoit la protection constante de la famille Potier de Gesvres, propriétaires, entre autres, d’un château à Crouy-sur-Ourcq.

Partie 2 : La formation et l’ascension de Théodon à Paris

La présence de Jean-Baptiste Théodon est attestée à Paris vers 1675. Il y côtoie plusieurs artistes actifs sur le chantier de Vaux-le-Vicomte, probablement rencontrés à Vaux-le-Vicomte même. Charles Le Brun contribue à la formation de Théodon. Membre de la manufacture des Gobelins, il devient proche de Jean-Baptiste Colbert qui devient son principal mécène. Ce dernier lui présente des intellectuels et des artistes, en particulier Charles Perrault, membre de la Surintendance des bâtiments du roi et de l’Académie royale de peinture et de sculpture. Ces relations permettent l’admission du jeune sculpteur au sein de l’Académie royale de France à Rome.

Partie 3 : Théodon à Rome : entre polémiques et reconnaissance

Arrivé à Rome en 1677, Jean-Baptiste Théodon réalise des œuvres pour les châteaux de Sceaux et de Versailles. Malheureusement, sa présence est remise en question par certains des directeurs successifs de l’Académie royale. Renvoyé en 1682, il la réintègre et y devient professeur en 1683. L’analyse de trois sculptures de cette période ( La métamorphose d’Atlas, Phaetus, Arria et Paetus) met en évidence sa maîtrise des codes antiques et sa connaissance des artistes contemporains du Grand Siècle (Nicolas Poussin, Le Cavalier Bernin, etc.). Malgré son second renvoi en 1691, Théodon est soutenu par de puissantes personnalités (Léon Potier de Gesvres, César d’Estrées, Christine de Suède, etc.). Sa notoriété grandit ainsi en Italie et en France. Théodon semble « intouchable » au début des années 1690.

Partie 4 : Théodon à l’académie de Saint-Luc et à la fabrique de Saint-Pierre

Dès ses débuts à Rome, Jean-Baptiste Théodon s’intéresse aux académies romaines. Il parvient à intégrer l’académie de Saint-Luc et sa congrégation d’artistes : les Virtuosi al Pantheon. Jusqu’à son départ de Rome en 1705, il y est professeur de nu et juge dans différents concours. Par ailleurs, il accède à l’atelier de sculpture du Cavalier Bernin au sein de l’enceinte de la basilique Saint-Pierre de Rome. À partir de 1692, Théodon sculpte au sein de la fabrique de Saint-Pierre au service du pape Innocent XII, puis du pape Clément XI. Il participe ainsi jusqu’à son départ de Rome à des chantiers importants, en particulier celui de l’hospice apostolique des pauvres invalides et la décoration de la place Saint-Pierre.

Partie 5 : Les œuvres de Théodon pour les congrégations religieuses romaines

L’année 1695 marque le succès de Théodon. Il remporte des concours et est sollicité par des ordres et congrégations religieuses. Il réalise :

  • le décor d’une paroi de l’oratoire de la chapelle privative Sainte-Cécile de l’église San Carlo ai Catinari pour la Congregazione de musicci (congrégation des musiciens) d’août à novembre 1695 ;
  • le groupe de La foi terrassant l’idolâtrie dans l’église du Gesù pour l’ordre jésuite Ignace de Loyola, entre 1695 et 1699 ;
  • Un relief pour l’oratoire privatif de la congrégation du Monte di Pieta au sein du Palazzo Monte di Pieta, achevé en 1704.
Ces réalisations assurent la réputation de Théodon et l’impose définitivement sur la scène artistique romaine. Ces œuvres sculptées s’inscrivent dans le style académique français, avec des influences d’artistes contemporains français ou italiens.

Partie 6 : L’attachement du sculpteur à sa famille et à sa terre natale

Resté proche des familles Théodon et Potier de Gèvres, établies en Haute Brie, Théodon retourne à Paris en juillet 1705. Il retrouve son épouse, Françoise Elisabeth Jourdain, et ses enfants, partis de Rome en 1699. Il apporte son soutien financier et matériel à ses neveux s’établissant à Paris et participe à des chantiers royaux (dôme des Invalides, chapelle du château de Versailles, châteaux de Marly et de Meudon). La diffusion en France de l’art baroque italien est au cœur des dernières années de Jean-Baptiste Théodon : jusqu’à son décès en 1713, il enseigne à la manufacture royale des Gobelins et réalise entre 1703 et 1707 un imposant retable sculpté, encore présent aujourd’hui dans l’église du Plessis-Placy. Ce dernier représente une valeur artistique indéniable à l’échelle locale et nationale.

Questions du public

Écouter les échanges entre Alicia Adamczak et le public
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  1. Est-ce que le prénom de Jean-Baptiste ne lui a pas été attribué en référence à Colbert ?
  2. Est-ce que l’enfant du groupe de sculptures Arria et Paetus, conservé au Louvre, pourrait être une référence à l’enfant mort de Pline ?
  3. Remarque de l’architecte chargé des travaux de restauration de l’église du Plessis-Placy concernant le sauvetage du retable de Théodon et l’avancée des travaux de restauration de l’église.

Bibliographie

Les références ci-jointes sont celles des ouvrages cités durant la conférence. Les cotes indiquées permettent la consultation en salle de lecture des Archives départementales de Seine-et-Marne.

  • Adamczak (Alicia), De Paris à Rome : Jean-Baptiste Théodon (1645-1713) et la sculpture française après Bernin, thèse de doctorat, sous la direction d’Alain Mérot, Paris : Université Paris IV-Sorbonne, 2009, 3 volumes, 1061 p.
    Cote : 100J1650

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Jeunes chercheurs
  • Alicia Adamczak
    Présentation de la thèse d'Alicia Adamczak réalisée avec le soutien du Département de Seine-et-Marne

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