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Les Menier, une dynastie industrielle

Dès le début du XIXe siècle, la famille Menier s’installe à Noisiel, dans le nord de la Seine-et-Marne. Durant cinq générations, cette dynastie d’industriels s’impose en France et au-delà des frontières, grâce à la renommée de son chocolat.

La chocolaterie

La recette d'une réussite

En 1825, Jean-Antoine-Brutus Menier acquiert le moulin de Noisiel. Ce site est à l’origine de la création d’une usine pour la fabrication industrielle du chocolat, alors considéré comme une drogue à usage pharmaceutique et un produit de luxe.

Son fils, Émile-Justin, prend la direction de l’usine en 1853 et construit l’empire Menier. Sa réussite lui vaut le surnom de « baron cacao ». Ses trois fils, Henri, Gaston et Albert, deviennent ensuite propriétaires de la société et s’y répartissent les fonctions. Nommé président de l’Union des chocolatiers et des confiseurs de France en 1882, Gaston est seul responsable des établissements Menier à partir de 1913, après le décès de ses frères. Il forge une réputation mondiale à la marque, mais ses héritiers se désintéressent de plus en plus de la production industrielle. La société est finalement rachetée en 1965 par le groupe Ufico-Perrier.

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Portrait de Jean-Antoine-Brutus Menier (1795-1853)

Portrait de Jean-Antoine-Brutus Menier (1795-1853)

Pharmacien, fondateur d’une droguerie à Paris, Jean-Antoine-Brutus Menier (1795-1853), acquiert en 1825 le moulin de Noisiel avec son associé Théodore Richer. Inventeur d’un système de meule pour la pulvérisation des drogues qu’il applique au traitement du cacao, il est à l’origine de la création de l’usine destinée à la fabrication industrielle du chocolat. Il est enterré au cimetière parisien du Père-Lachaise.
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Coupure de presse, 9 x 6,5 cm, extrait de la revue Le Miroir du 3 mai 1914, p. 10 ; AD 77, 70 J 75

La dynastie Menier

Des hommes à l'influence locale et nationale

Les Menier, forts de leur succès industriel, décident d’acquérir un vaste patrimoine, digne de la haute société parisienne : à la fin du XIXe siècle ils possèdent un domaine agricole d’environ 1500 ha réparti sur Noisiel et les communes environnantes et organisé autour de la ferme modèle du Buisson, deux plantations de cacaoyers au Nicaragua, l’île d’Anticosi au Québec. Ils y ajoutent ensuite des terres consacrées à la chasse, des châteaux, hôtels particuliers et villas.

Les différentes générations Menier s’engagent dans la vie politique et sociale, au niveau local (mandat de maire de Noisiel notamment) et national (Émile-Justin fonde La Revue économique, écrit de nombreux ouvrages politiques et économiques).

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Le château de Noisiel

Le château de Noisiel

En 1854 Émile-Justin Menier fait construire face à l’entrée de l’usine une demeure bourgeoise, appelée « petit château ». En 1879 il achète au duc de Levis le château de Noisiel lui-même, construit au XVIIe siècle, rénové par Henri Parent en 1882-1884. Il sera détruit vers 1948.
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Carte postale couleur, sans date ; AD 77, 2 Fi 9839

L'usine de Noisiel

Un espace rationnel

L’usine de Noisiel est la rencontre réussie entre l’art architectural de la fin du XIXe siècle et la fonctionnalité industrielle. L’usine est constituée de 4 ouvrages majeurs : le moulin, la cathédrale, le pont Hardi, la confiserie. Les techniques modernes sont utilisées : une grande importance est donnée à l’utilisation de l’énergie hydraulique, un chemin de fer privé de 10 kilomètres est créé entre la propriété et le réseau public. À côté des différents ateliers liés directement à la fabrication du chocolat, l’usine comprend également des bâtiments destinés à son entretien. Un long couloir réunit en sous-sol les différentes parties de l’usine.

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Vue générale de l’usine de Noisiel

Vue générale de l’usine de Noisiel

Parti de Seine-et-Marne, l’empire Menier s’étend progressivement à l’échelle du monde : l’approvisionnement vient d’Amérique du sud (plantations de cacaoyers au Nicaragua) et d’autres régions de France (champs de betteraves de la Somme) ; une autre usine est construite à Londres en 1870 ; le siège social est installé à Paris en 1885 ; la conquête de nouveaux marchés passe par l’implantation de dépôts dans diverses villes d’Europe, d’Amérique, d’Afrique du nord. L’usine de Noisiel en reste cependant le cœur et le lieu de production le plus important. __ Estampe, planche extraite de la brochure sur l’entreprise Menier réalisée à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900 d’après une huile sur toile (Poyet), 1900 ; AD 77, Az 15

Lecture de la lettre d’Émile-Justin Menier adressée au préfet de Seine-et-Marne
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"Menier Ville"

Un système paternaliste

Les Menier recrutent un nombre croissant d’ouvriers qualifiés et font appel lors des deux guerres mondiales à la main d’oeuvre féminine. Cet afflux de personnel entraîne la mise en place d’une politique d’entreprise. Menier fonde sur 20 ha une cité ouvrière de 138 maisons et 312 logements. Des magasins d’approvisionnement sont créés en 1876, un domaine agricole fournit céréales, oeufs, laitages. Un groupe scolaire est construit, ainsi qu’une bibliothèque de 1200 ouvrages. Des réfectoires, une maison de retraite, deux hôtels-restaurants complètent les équipements collectifs. Un corps d’éboueurs, un service médical et une compagnie privée de sapeurs-pompiers assurent hygiène et sécurité.

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Maison de la cité ouvrière de Noisiel à deux logements

Maison de la cité ouvrière de Noisiel à deux logements

À l’issue des différentes phases de construction de la cité ouvrière, Noisiel comporte 138 maisons et 312 logements en 1900, qui sont toutefois insuffisants pour accueillir l’ensemble du personnel de l’usine, également hébergé en partie sur la commune voisine de Champs-sur-Marne. L’habitat offert en location aux ouvriers est remarquable par sa qualité. Dans une maison type à deux logements, chacun d’entre eux comporte 64 m2 habitables, avec cuisine, salle de séjour et deux chambres parquetées, ainsi que des dépendances (cave, grenier, jardin…). __ Plan sur papier, 43,5 x 53,5 cm, planche extraite de la brochure sur l’entreprise Menier réalisée à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris de 1889 ; AD 77, 70 J 74

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