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La Seine-et-Marne et ses cours d'eau

L’eau dans l’histoire de la Seine-et-Marne est une richesse naturelle ambivalente.
Elle est à la fois un moteur pour l’activité économique départementale et un moyen de transport populaire, mais peut être également à l’origine de biens des maux pour la population.
Les grandes villes de Seine-et-Marne se sont développées autours des cours d’eau. Les activités industrielles utilisent la puissance motrice de l’eau et les communes développent sur les berges de nombreuses activités nautiques et de loisirs.
Les aménagements nécessaires ne sont cependant pas sans risque, et les inondations sont courantes dont l’une des plus importantes, et surtout la plus célèbre, a eu lieu lors de l’hiver 1910.

Développement urbain et industriel au fil de l'eau

L'eau, un élément fondateur pour la Seine-et-Marne

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Mareuil-les-Meaux, le canal. Carte postale (AD77, 2 Fi 4213)

La Seine-et-Marne est liée, par sa géographie et son histoire, à ses fleuves et à ses rivières. Son nom vient ainsi des deux principaux cours d’eau qui la traversent : le fleuve, la Seine, et la rivière, la Marne. Il faut citer aussi l’Yonne, le Loing, le Canal de l’Ourcq… L’eau a déterminé le paysage urbanistique du département ainsi que son activité de loisirs et industrielle.

Pictoogramme visionneuse Le développement urbanistique et industriel au fil de l'eau

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Les villes de Seine-et-Marne et l'eau

Melun

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Melun, les péniches. Carte postale d'après un dessin à la plume (AD77, 2 Fi 4381)

Les villes seine-et-marnaises se sont construites autour des rivières et des fleuves, que ce soit Melun, la préfecture, ou Meaux, ville la plus peuplée du département.

Les premières traces de la ville de Melun ( Melodunum ) datent de 52 avant Jésus-Christ. Son nom moderne, issu du latin Metlosedum , date quant à lui du VIe siècle. Elle occupe un site privilégié où la Seine peut être facilement franchie grâce à l’île, qui a facilité l’occupation ininterrompue du site depuis l’époque celte. Au Moyen Âge, la rive nord se développe d’avantage. Délaissée par les rois au XVIe siècle au profit de Fontainebleau, Melun connaît à nouveau aux XIXe et XXe siècles un développement significatif, avec cependant une industrialisation faible.

Pictoogramme visionneuse Le développement urbanistique et industriel de Melun au fil de l'eau

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Meaux

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Meaux, le canal Chalifert. Carte postale (AD77, 2 Fi 703)

Meaux est traversée par la Marne et le Loing. Elle doit son nom moderne au peuple gaulois des Meldes (Meldii). La ville a été pendant longtemps la possession du comte de Champagne et revient à la couronne sous Louis X (1314-1316). Ancienne capitale de la Brie, elle est installée dans une cuvette creusée dans le plateau de la Brie par la Marne. La Marne est traversée par le canal de Chalifert et le canal de l'Ourcq, qui suit en partie l’ancien méandre de la Marne, imprime également son tracé sur la ville depuis le XIXe siècle.

Pictoogramme visionneuse Le développement urbanistique et industriel de Meaux au fil de l'eau

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Noisiel

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Noisiel, le moulin de Douvres. Carte postale (AD77, 2 Fi 13337)

Noisiel vient du latin Nucetum, qui désigne un lieu planté de noyers. La première mention qui en est faite date de 841, sous le nom de Nucedo. Elle deviendra Nusiellum au XIIe siècle puis Noisiellum au XVe siècle. La ville se développe particulièrement au Moyen Âge, s’organisant le long de la Marne. Contrairement à ce qui se passe à Melun, de nombreuses industries s’y développent, les rivières fournissant notamment l’énergie à de multiples moulins. Un tournant est pris lorsqu’en 1825, Jean-Antoine-Brutus Menier décide d’y installer sa fabrique de poudres pharmaceutiques.

Pictoogramme visionneuse Le développement urbanistique et industriel de Noisiel au fil de l'eau

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Les activités artisanales et industrielles

Artisanat et transports au fil de l'eau

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Meaux, le Quai Victor Hugo et les Moulins de l'Échelle. Carte postale (AD77, 2 Fi 4306)

L’artisanat et les industries sont très présents dans tout le département grâce aux nombreux cours d’eau, que se soit la pêche, les moulins à grains ou les cultures, y compris celle de la vigne.

Depuis le Moyen Âge, les rivières seine-et-marnaises sont également utilisées pour le transport des marchandises vers Paris, notamment grâce aux bateaux « marnois » (bateau de charge traditionnel du bassin de la haute Seine) ou, pour le bois, grâce à la technique du flottage, consistant à conduire de grands ensembles de bois flottants en suivant le courant.
Un port est construit sur les rives de la Seine à Melun dans la dernière moitié du XVIIIe siècle pour faciliter la navigation et l’accostage des coches d’eau, transports collectifs très populaires jusqu’au milieu du XIXe siècle. Les rivières vont petit à petit s’aménager avec des barrages afin de canaliser les rivières (technique du barrage mobile éclusé) et les péniches à remorqueurs remplacer les bateaux « marnois » et le flottage.

Pictoogramme visionneuse Les activités artisanales et industrielles en Seine-et-Marne au fil de l'eau

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L'eau : un lieu de rencontres et de loisirs

La rivière et ses loisirs

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Baignade sur le Loing. Carte postale (AD77, 2 Fi 13230)

La rivière devient dans le même temps un lieu de loisirs, accueillant des guinguettes le long des rives et des balades en canot qui permettent aux habitants de se détendre. Plus récemment, de nombreuses bases de loisirs ont vu le jour (Torcy, Bois-le-Roi, Souppes-sur-Loing, La Varennes-sur-Seine…).

Pictoogramme visionneuse Les cours d'eau en Seine-et-Marne: un lieu de rencontre et de loisirs

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Sur les bords de l'eau à Melun et à Meaux

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Melun, la plage. Carte postale (AD77, 2 Fi 5461)

Les bords de Seine à Melun sont aménagés et préservés. C’est entre les deux guerres que commence la réflexion sur l’aménagement de terrains non constructibles. Des zones de baignade et d’activités nautiques sont mises en place à partir de 1930 Quai Joffre. En 1942, une plage artificielle vient compléter l’ensemble. À partir des années 1950, la pollution augmentant, les plages sont remplacées par deux piscines.

Meaux a aussi sa plage sur les bords de Marne. Très prisée par les habitants depuis sa création dans les années 1950, elle est fermée en 1970 pour cause de pollution aggravée. En 2007, après plus de 30 ans de fermeture, la ville retrouve sa plage.

Pictoogramme visionneuse Les loisirs au bord de l'eau

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1910 : la crue en Seine-et-Marne

Les rivières en crue : un objet d'inquiétude

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Meaux, inondations cours Raoult. Carte postale (AD77, 2 Fi 4466)

En 1876, une crue importante a lieu en Seine-et-Marne. De nombreux spécialistes tirent alors la sonnette d’alarme devant l’imprudence des entrepreneurs qui ont construit des bâtiments, des tunnels dans des zones à risque.

À la fin du mois de janvier 1910, la Seine-et-Marne est de nouveau menacée d’inondations par des pluies abondantes. Les rivières du département, la Seine, la Marne, l’Yonne, le Loing et le Fusain débordent de leurs lits et provoquent une crue historique, occasionnant des dommages matériels énormes et de nombreuses victimes.
Selon les journaux, il faut remonter à 1770 pour trouver un événement ayant entraîné des dégâts comparables. Cette crue a marqué les esprits par ses conséquences désastreuses et surtout par son caractère subit et inattendu.
La Marne par exemple, qui était alors un objet de curiosité de la part des passants, est devenue en quelques heures un objet d’inquiétude.

Pictoogramme visionneuse La crue de 1910

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Les conséquences sur l'industrie

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Melun, crue de la Seine au niveau du pont de l'Ancien Châtelet. Carte postale (AD77, 2 Fi 5490)

De nombreuses usines situées au bord des rivières et des fleuves sont fortement endommagées. Les machines ont été noyées sous l’eau et sont inutilisables. Les entreprises doivent suspendre leur activité le temps de la décrue.
Le journal L’Indépendant est sinistré, les presses sont endommagées. Il est obligé d’arrêter sa parution durant plusieurs jours. Des péniches sont emportées avec le courant, brisant des ponts, emportant les fils télégraphiques… Les marchands de bois voient leur marchandise partir à la dérive dans la Seine ou dans l’Yonne.

Noisiel connaît aussi des inondations importantes, cependant loin des 8,62 mètres atteints à Paris. L’île Menier et le barrage sont submergés et le réseau de galeries souterraines de l’usine est inondé. La cité ouvrière, grâce à son réseau d’égouts, est cependant épargnée. L’usine réouvre ses portes en février. Les rives étant peu construites à Noisiel, les dégâts sont très limités. Des évacuations et des sauvetages de fortune sont organisés par les secours ou par des habitants à l’aide de voitures et de canots.

Pictoogramme visionneuse La crue de 1910

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La fin du désastre

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Montereau, les inondation de 1910. Carte postale (AD77, 2 Fi 18975)

Le 30 janvier, la crue est considérée comme terminée. Tous les cours d’eau ne sont cependant pas encore rentrés dans leur lit. L’eau laisse la place à de la vase. D’importantes mesures d’hygiène et de désinfection sont mises en œuvre. De nombreuses personnes viennent au secours des sinistrés en faisant des dons, ou en offrant leur aide.

Les crues sont rares en Seine-et-Marne, mais la multiplication des constructions, les déboisements laissent présager une aggravation des risques d’inondations. Les experts ont observé que ces fortes crues se produisent environ tous les cent ans, d’où le terme de crue centennale.

Pictoogramme visionneuse La crue de 1910

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L'eau aujourd'hui : un patrimoine naturel précieux

Un patrimoine naturel à préserver

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La mare forestière du Bréau. (Cliché Direction de l'Eau et de l'Environemment du CG77)

Aujourd’hui, l’eau est toujours un moteur pour l’économie du département, mais elle est surtout devenue pour les Seine-et-Marnais un patrimoine naturel précieux dont la faune et la flore doivent être préservées.

La ville de Meaux a cherché à réhabiliter l'écosystème de la Marne en créant la zone humide du Pâtis. Dans un premier temps, le but est d’améliorer la situation écologique de la Marne pour pouvoir par la suite se réapproprier la rivière pour les loisirs et notamment la baignade.

Les zones humides sont des milieux naturels d’une grande richesse biologique. Elles jouent un rôle essentiel pour la préservation de notre environnement et remplissent de nombreuses fonctions hydrologiques, biologiques, économiques, paysagères, sociales et culturelles. Mais l’Homme par son intervention a tendance à les fragiliser. On assèche les zones humides pour gagner des terres agricoles, on les transforme en décharges sauvages ou officielles, les rivières sont régularisées…
Afin de préserver les zones sensibles, de nombreuses associations agissent sur le territoire seine-et-marnais pour assurer la protection de l’environnement et notamment la préservation de l'eau et des zones humides. La Maison de l’Environnement à Écuelles organise des séminaires, des sensibilisations au milieu naturel, des conseils sur l’eau et son utilisation…

Pictoogramme visionneuse L'eau aujourd'hui : un patrimoine naturel précieux

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