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La céramique privée de l'Île-de-France du milieu du XIXe siècle au milieu du XXe siècle

Présentation de Florence Slitine

Florence Slitine a mené des études supérieures de droit Public et s’est ensuite orientée vers le monde culturel. Chargée de mission à la Manufacture nationale de Sèvres pour l’étude des céramiques françaises et étrangères, elle a repris en 2005 des études d’Histoire de l’Art. Elle prépare depuis 2006 un doctorat à l’Université de Paris I – Panthéon Sorbonne.

Son travail

Préparant une thèse sur les céramistes d’art installés en Île-de-France (hors Paris) entre le milieu du XIXe et le milieu du XXe siècle, j’ai été amenée à me pencher sur les céramistes de Seine-et-Marne. Ce département possède dans ce domaine, d’indiscutables atouts :

  • un sol riche en matières premières essentielles : l’argile de Montereau qui entre dans la composition de nombreuses pâtes et le sable de Fontainebleau dans celle des glaçures ;
  • une tradition ancienne : déjà au tout début du XVIIe siècle, à Avon, on s’inspirait de l’œuvre de Bernard Palissy ;
  • la proximité avec Paris qui facilitait les débouchés commerciaux et qui permettait aux nouvelles idées artistiques d’irriguer de façon très éclectique la production locale.

Qu’ils aient produit dans le cadre de petits ateliers ou de manufactures de moyenne ou même de très grande importance, qu’ils aient travaillé la faïence, la faïence fine, le grès ou la porcelaine, les céramistes de Seine-et-Marne sont nombreux à avoir acquis une réputation internationale (récompenses aux grandes expositions, acquisitions par les musées, succès commerciaux) qui a rejailli sur leur localité d’origine.

Le nom de Fontainebleau est associé à la porcelaine grâce à la fabrique de Jacob Petit qui y fut active dès 1834. La manufacture, qui changea de raison sociale au gré de ses différents propriétaires, compta dans les années fastes plus de 150 ouvriers et produisit jusqu’à la fin du XIXe siècle les modèles d’une rare fantaisie mis au point par son fondateur.
Rubelles est célèbre pour sa fabrique de faïences à « émaux ombrants » (1836-1858), procédé inventé par Charles de Bourgoing qui s’associa pour l’exploiter avec Alexis du Tremblay. Services de table, vases ou carreaux présentent des décors obtenus en creusant la pâte et en la recouvrant ensuite d’un vernis coloré. Selon l’épaisseur du vernis, les motifs (natures mortes, scènes figurées, paysages…) apparaissent plus ou moins foncés.
La manufacture de faïences fines de Montereau prit une large part à la prospérité de la ville. Fondée au XVIIIe siècle, elle fusionna un temps avec celle de Creil puis avec celle de Choisy-le-Roi, atteignit une dimension véritablement industrielle avant de fermer en 1955. Au début de la Troisième République, ses ouvriers fabriquaient dans des conditions de salubrité et de bien-être social exceptionnels pour l’époque 23 millions de pièces par an, surtout des services de table imprimés de décors évoquant la vie quotidienne, des scènes humoristiques… La faïencerie sut aussi traduire les tendances artistiques de son temps. C’est ainsi par exemple qu’elle réalisa pour le marchand Rousseau, le fameux service japonisant éponyme.
Plusieurs céramistes ont contribué à la réputation de Montigny-sur-Loing et de Marlotte à la fin du XIXe siècle, en réalisant, dans le genre impressionniste, des décors au moyen de « barbotine », pâte liquide colorée. Motifs animaliers et paysages dans le goût de l’École de Barbizon constituent les autres thèmes récurrents de cette production. Je ne citerai ici que le plus célèbre, celui de Louis-Eugène Schopin qui s’installa en 1872 à Montigny où il s’entoura de peintres de talent.

À côté de ces entreprises reconnues, il en existe de plus modestes comme celle de Louis Gabry au Mée ou de Henri Gandais à Samoreau sur lesquels j’ai pu collecter un certain nombre de renseignements. D’autres demeurent encore très méconnues et je serais très reconnaissante envers les personnes qui pourraient me communiquer des informations au sujet – par exemple – de Galliot, à Courbeton, Ferré à Bagneux-sur-Loing, Jules et Arsène Schaeffer à Provins, Sachot à Montereau, Marot et Michel à Lagny-sur-Marne…

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